X comme... X

Publié le par lydiane

Choisir un auteur dont le nom commence par X pour mon challenge ABC n'est pas chose aisée. Il y a bien plusieurs auteurs asiatiques, mais j'avoue que ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. Donc j'ai un peu triché, enfin pas de trop quand même. J'ai opté pour un auteur anonyme, publié sous X en quelque sorte.

J'ai porté mon choix sur "Une femme à Berlin". 4ème de couverture :

La jeune Berlinoise qui a rédigé ce journal, du 20 avril 1945 - les Soviétiques sont aux portes - jusqu'au 22 juin, a voulu rester anonyme, lors de la première publication du livre en 1954, et après. À la lecture de son témoignage, on comprend pourquoi. Sur un ton d'objectivité presque froide, ou alors sarcastique, toujours précis, parfois poignant, parfois comique, c'est la vie quotidienne dans un immeuble quasi en ruine, habité par des femmes de tout âge, des hommes qui se cachent : vie misérable, dans la peur, le froid, la saleté et la faim, scandée par les bombardements d'abord, sous une occupation brutale ensuite. S'ajoutent alors les viols, la honte, la banalisation de l'effroi. C'est la véracité sans fard et sans phrases qui fait la valeur de ce récit terrible, c'est aussi la lucidité du regard porté sur un Berlin tétanisé par la défaite. Et la plume de l'auteur anonyme rend admirablement ce mélange de dignité, de cynisme et d'humour qui lui a permis, sans doute, de survivre.

C'est une vision de la seconde guerre mondiale que je n'avais encore jamais explorée. J'ai lu des livres sur la front, la résistance, les camps de concentration, même sur la guerre côté russe, mais jamais encore sur la vision des allemands.

A la lecture de la 4ème de couverture, j'avais peur que "le ton froid" me géne, ce ne fut pas le cas. La femme qui a écrit ce livre est extremement forte. Elle ne sort pas abattue de son 1er viol, mais en colère. En colère, contre ces hommes allemands qui laissent faire sans rien oser dire, presque même à se plaindre de la résistance des femmes avec des reflexions du genre "n'aggravez pas notre cas, ça va les énerver, laisser vous faire, vous oublirez vite...". Par contre, bénéficier des "avantages" ne les gène pas du tout, la nourriture échangée par les russes pour "un peu d'amour" est avalée sans arrière goût par ces hommes allemands.

Je trouve l'auteur d'une telle intelligence. Comment fait-elle pour avoir la force de "choisir" de devenir "la chaise gardée" d'un officier et ainsi échapper aux viols de dizaines d'autres russes.

Ce qui m'a également surpris, c'est que la honte n'existe plus. Quand des femmes berlinoises se recontrent, elles font le comptes de combien de fois elles ont du subir les assauts des russes. L'auteur l'explique bien : avant la guerre, on cachait un viol, c'était une "tache" à vie, pendant ce printemps 45, c'est devenu banal.

Ce qui est dingue avec ce roman, c'est que les russes ne sont même pas décrit comme des monstres. A peine sous les traits de gros lourdauds de paysans, je n'irais pas jusqu'à dire attachants, mais presque. Comme si tout ce qu'ils avaient subi pendant la guerre, la folie des SS excusaient leur comportement.

Bref, vous l'aurez compris, ce journal m'a énormement plu et ce pour beaucoup de raisons.

Publié dans Lu - entendu...

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1000N1 24/07/2014 18:25

Ah oui, il a l'air intéressant ce bouquin!