Le quatrième mur

Publié le par lydiane

de Sorj Chalandon. Il s'agit d'un journaliste (Liberation puis Canard enchainé) et d'un écrivain français. Il a écrit 6 romans pour lesquels il a rçu plusieurs prix, notamment le dernier en date : "Le quatrième mur" publié en 2013 et qui a reçu : le Prix Goncourt des lycéens 2013, le Prix les lecteurs Escale du Livre 2014 (Bordeaux), le Prix des écrivains croyants 2014.

 

Le quatrième mur

4ème de couverture :

L'idée de Samuel était belle et folle : monter l'Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth. Voler deux heures à la guerre, en prélevant dans chaque camp un fils ou une fille pour en faire des acteurs. Puis rassembler ces ennemis sur une scène de fortune, entre cour détruite et jardin saccagé.

Samuel était grec. Juif, aussi. Mon frère en quelque sorte. Un jour, il m'a demandé de participer à cette trêve poétique. Il me l'a fait promettre, à moi, le petit théâtreux de patronage. Et je lui ai dit oui. Je suis allé à Beyrouth le 10 février 1982, main tendue à la paix. Avant que la guerre ne m'offre brutalement la sienne...

C'est un très beau roman. J'ai pris enormément de plaisir à le lire.

J'avoue qu'au départ, j'ai eu un peur, ne connaissant pas forcement tout l'historique de la région et les différents "clans" en présence : "Antigone était palestinienne et sunnite. Hémon, son fiancé, un Druze du Chouf. Créon, roi de Thèbes et père d'Hémon, un maronite de Gemmayzé. Les trois chiites avaient d'abord refusé de jouer les "Gardes", personnages qu'ils trouvaient insignifiants. Une vieille chiite avait aussi été choisie pour la reine Eurydice, femme de Créon; "La Nourrice" était une Chaldéenne et Ismène, soeur d'Antigone, catholique arménienne. Le casting avait duré deux ans...". Mais ça ne gêne en rien la compréhension du roman.

Alors évidemment ça peut paraitre dingue de prendre autant de risque juste pour une pièce de théâtre. Après tout, il y a des choses plus importantes à faire dans une zone de conflit que de penser à la culture. Mais justement, ce projet n'est pas un projet culturel, c'est un projet de paix : réussir à avoir un même objectif, au sein de "clans" qui se déchirent, car d'accord sur rien. J'ai apprécié egalement que l'auteur ne prenne pas partie pour l'un de ces peuples.

Ce roman montre également le décalage qu'il y a entre nous occidentaux, qui avons la chance de vivre dans un pays en paix et ceux dont la guerre est le quotidien. Mais on voit toutefois les travers de chaque "monde". Les occidentaux qui se plaignent pour n'importe quoi, alors que des Hommes meurent chaque jours sur cette terre. Et ces patries en guerre qui foncent à une course à la violence juste pour répliquer aux attaques de l'ennemi, on ne cherche pas à connaitre la personne qu'on a bout de son fusil, à partir du moment où il fait partie d'une autre culture, il est forcément mauvais.

Bref, un roman que j'ai beaucoup aimé et que je vous conseille !

 

Publié dans Lu - entendu...

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1
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B
Eh bien justement il était dans ma liste, mais j'avais un peu peur que ce livre ne traite que de la pièce de théâtre. Aussi, je vais l'emprunter à la médiathèque puisqu'il y est, je l'avais vu. Enfin, j'ai déjà tellement de livres à lire. Je n'ai toujours pas lu "au revoir là-haut". Mais chaque fois que je vois un livre qui me plait, je l'achète.
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