La grammaire est une chanson douce

Publié le par lydiane

de Erik ORSENNA. C'est un écrivain que je connaissais de nom, mais dont je n'avais jamais lu d'œuvres. En regardant sur Wikipédia, je me rends compte qu'il a des goûts éclectiques.

Après des études de philosophie, de sciences politiques, et surtout d'économie, il devient chercheur et enseignant, dans le domaine de la finance internationale et de l'économie du développement. Il est plume de François Mitterrand, dont il a été conseiller culturel de 1983 à 1984. Il est membre du Haut Conseil de la francophonie. En 1991, il devient président de la Corderie royale - Centre international de la mer, l'année suivante il est le président fondateur de l'association Hermione-La Fayette. Il est élu membre de l'Académie française en 1998. Erik Orsenna est également vice-président du conseil d’administration de la fondation FARM (Fondation pour l'agriculture et la ruralité dans le monde).

Il a publié plus d'une trentaine d'ouvrages et a même reçu le prix Goncourt en 1988 pour "L'exposition coloniale".

La grammaire est une chanson douce

4ème de couverture :

Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu'elle nous parlait :

- Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose.

- Allons, allons, Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pieds.

Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Tout le monde dit et répète "Je t'aime". Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.

Oh que ce livre m'a plu ! Je le comparerais, peut-être à tort, à 'L'île des Gauchers" de Alexandre JARDIN. Surement parce que l'intrigue se déroule sur une île, que ces habitants sont plein de poésie, et qu'ils se posent des questions fondamentales que nous ne prenons plus le temps de nous poser.

Dans ce livre, il est question d'un frère et d'une soeur, obligés de traverser l'Atlantique régulièrement pour voir leurs parents (ces derniers ne se supportent tellement plus qu'ils ont mis un océan entre eux). Mais un jour, leur bateau fait naufrage, et ils se retrouvent sur cette île mysterieuse...sans plus aucun mot en bouche ! Ils y rencontrent Monsieur Henri (qui ressemble étrangement à Henri Salvador : le costume, la guitare, le sourrire et "une chanson douce"...). Celui-ci va leur réapprendre la valeur des mots, ceux qu'on oublie, ceux qu'on dit trop, mais aussi comment jouer avec la grammaire pour faire exploser le sens de ces mots.

Bref, pour moi, ce livre est un petit bijou de poésie.

Publié dans Lu - entendu...

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