Après la guerre

Publié le par lydiane

de Hervé LE CORRE. J'ai découvert ce roman par un article du magazine Lire. J'avais noté le titre et je m'étais dit qu'il avait l'air intéressant. Puis en fin d'année, ce même magazine élit les meilleurs livres de l'année dans plusieurs catégories. "Après la guerre" a été élu dans la catégorie policier. En plus ça tombait bien, ma médiathèque avait ce roman dans ses rayons. Alors...je me suis laissée tenter 

Après la guerre

4ème de couverture :

Bordeaux dans les années 50. La Seconde Guerre mondiale est encore dans toutes les mémoires et pourtant, un nouveau conflit qui ne dit pas son nom a déjà commencé : de jeunes appelés partent pour l'’Algérie. Daniel sait ce qui l’attend. Cet orphelin qui a perdu ses parents dans les camps, travaille comme mécanicien ; il voit un jour arriver au garage un inconnu qui laisse sa moto et repart telle une ombre. Cet homme n'’est pas venu par hasard. C'’est dans ce contexte qu'’une série d’'événements violents se produisent. Une jeune lycéenne est agressée devant chez elle par un individu qui la menace. C’'est la fille d’Albert Darlac, commissaire de police qui s'’est compromis pendant l’'Occupation et n'’a pas hésité à faire arrêter des Juifs qu'’il a spoliés. Il navigue dans les eaux troubles du proxénétisme et règne en parrain sur la ville. Quelque temps plus tard, le bistrot qui lui sert de quartier général est soufflé par une explosion. Il est bientôt happé par une spirale de violence...

Le Corre n’'a pas son pareil pour rendre l’'atmosphère délétère de Bordeaux, encore hantée par les fantômes de l’'Occupation. Dans ce roman à plusieurs voix, magistralement construit, il fait alterner le champ de bataille urbain de Bordeaux et celui de l’'Algérie vu à travers le regard de Daniel. Il confirme l’'ampleur de son propos et la variété de son style, passant du langage des bas-fonds à une élégance flaubertienne noire et cruelle pour emprunter des accents lyriques et poignants quand le récit se transporte sur le front algérien. Par la profondeur des questions que le romancier aborde — valeur de la vie humaine, légitimité de la vengeance, jouissance de la violence — il justifie pleinement le jugement de Manchette qui parlait du roman noir comme d’une grande littérature morale.

J'ai été captivée par ce roman. L'intrigue en elle-même est très bonne, mais c'est surtout l'écriture d'Hervé LE CORRE que j'ai adoré. Il est vraiment très fort. Au début du roman, les chapitres s'enchainent sans que l'on sache qui est qui, parfois on ne sait même pas qui est le narrateur. Ca aurait pu vite me saouler et me faire fermer ce livre en me disant que c'était vraiment trop le bordel. Mais pas du tout, je me suis attachée à comprendre ce que l'auteur me disait, et petit à petit les pièces du puzzle se sont mises en place (avant même les révélations de l'auteur ! que c'est plaisant de comprendre avant que ce soit écrit).

Parfois c'est trash. Moi qui ait du mal avec le "gore" et le vocabulaire vulgaire, j'ai plus d'une fois été bousculée. Mais là encore, ça ne m'a pas rebuté. J'ai trouvais que ça se justiiait dans ce roman. L'écriture est si juste que j'avais souvent l'impression d'être dans un film, je voyais les scènes devant mes yeux (j'imaginais même le commissaire Darlac sous les traits de Depardieu, surement à cause de son rôle dans "36 quai des orfèvres".)

 

Publié dans Lu - entendu...

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B
Hier soir, j'ai regardé, sur TF1, le documentaire sur les derniers mois de la guerre. Tous les Allemands, les soldats, mais aussi les gradés se sauvaient vers l'Ouest pour se mettre sous la protection des Américains. Ils considéraient les Américains comme leurs libérateurs. Ils avaient surtout peur des Russes qui allaient se venger des millions de morts chez eux, et ils avaient raison. Plus d'un million d'Allemandes ont été violées : on voit le témoignage d'une journaliste allemande qui a été violée d'abord par deux soldats, puis deux autres sont arrivés avec une femme, qui a refermé la porte en riant.
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L
C'est un aspect de la guerre que je ne connaissais pas non plus avant d'avoir lu le journal d'une berlinoise écrit en 45 quand l'armée russe est entrée dans Berlin : http://lydianeyannick.over-blog.com/2014/07/x-comme-x.html