Les neurosciences affectives

Publié le par lydiane

Je vous ai déjà parlé sur ce blog de l'éducation bienveillante. Il s'agit d'un sujet qui a le vent en poupe, même le magazine l'Express a rédigé un dossier sur ce thème. Perso je fouille pas mal sur les blogs pour trouver des méthodes, des astuces...J'aime en particulier ce site ci :

http://apprendreaeduquer.fr/

C'est son auteure, Caroline Jambon, qui m'a donné envie de lire "Pour une enfance heureuse" du Dr Catherine GUEGUEN. C'est un livre hyper intéressant.

Tout d'abord, le Dr GUEGUEN explique que le cerveau de l'enfant est loin d'être mature. Ce qui explique par exemple les colères explosives des enfants. Nous, adultes nous jugeons cela comme étant des caprices ou du "foutage de gueule". En fait, c'est simplement une réaction normale au vu du stade de développement de son cerveau.

De nombreuses découvertes ont été faites récemment sur le cerveau. On apprend ainsi que le cortex orbito frontal, partie du cerveau qui permet de réguler les émotions, de développer le sens moral, l'aptitude à prendre des décision et la capacité d'affection n'est pas mature chez l'enfant. Ainsi, on comprend mieux les réactions de nos bambins. De plus, il a été scientifiquement prouvé que le fait de consoler un enfant, d'avoir envers lui un comportement bienveillant, une communication non-violente, améliore la maturité du cerveau. Donc, plus les adultes crieront, puniront leur enfants, moins leur cerveau se développera, plus l'enfant aura des réactions "inappropriées".

Le Dr GUEGUEN prend l'exemple du bébé qui pleure. On a souvent entendu "laisse le pleurer, sinon il deviendra capricieux". Les parents laissent donc pleurer l'enfant, et au miracle au bout de quelques jours (voire semaines) l'enfant ne pleure plus. Il a compris l'enseignement des parents. En réalité, l'enfant a surtout compris qu'il n'est pas entendu dans cette maison, il ne se sent pas en sécurité. "Quand personne ne répond à ses appels, à ses pleurs, l'enfant apprend à ne plus se connecter avec ce qu'il ressent. Il est extrêmement facile d'avoir un enfant qui ne pleure pas, un enfant "sage". Il suffit de ne pas lui répondre et en quelques jours, il n'appellera plus sauf pour signaler des douleurs".

On en apprend aussi sur la mémoire. Il existe la mémoire émotionnelle inconsciente qui se situe au niveau de l'amygdale. Par contre, la mémoire consciente se situe dans l'hippocampe, qui lui est immature. Ce qui explique que l'on se souvient rarement des premières années de sa vie, par contre tout est quand même "inscrit" dans notre mémoire inconsciente. Un bébé sera donc "marqué" par les événements traumatisants.

Pour le moment, je suis en train de lire le chapitre sur le stress, super intéressant également. Même si c'est un livre où il est beaucoup question de sciences, il reste néanmoins très accessible, même à ceux qui comme moi, sont loin d'être des scientifiques.

Lire ce livre ça m'a fait quand même un peu flipper... l'impact que l'éducation peut avoir sur le cerveau et donc sur le futur adulte que sera notre enfant est énorme. Mais heureusement, rien n'est jamais perdu ! C'est plus facile les premières années de vie d'un enfant car son cerveau est "en grande construction", mais il n'est jamais trop tard pour adopter un comportement bienveillant avec une personne.

Je vous mets une petite vidéo du Dr GUEGUEN où elle explique tout ça bien mieux que moi !

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Ca me fait penser à ce week-end : des amis sont venus avec leur petite de 7 mois et demi. Au moment de la coucher, elle hurlait et n'arrivait pas à se calmer. Du coup les deux parents étaient en stress, à la fois car elle criait et ne dormait pas, mais aussi parce que cela se passait devant nous (et j'imagine leur pensés "on les embête avec notre bébé qui pleure" "ils vont penser qu'on sait pas y faire" "faut qu'on tienne" etc...) Du coup on leur propose de faire dormir la puce avec nous, dans le jardin, dans notre nouvelle poussette. Ils finissent par accepter mais en disant "oui mais comme ça, elle a gagné" Et je pense que le souci vient souvent de là : on se met dans une relation de bras de fer avec l'enfant, on ne peut plus en sortir car alors "il a gagné" Sauf que l'enfant lui il n'est pas dans la compétition. Au final, personne n'a rien a gagner ni à perdre à accepter de céder. c'est ce que je leur ai dit, et finalement ils étaient d'accord. La petite avait juste besoin d'être rassurée. Mais ce n'est pas évident d'accepter ce genre d'idée. Il faudrait que tout ce que tu exposes dans ton article soit plus médiatisé, relayé auprès des parents...
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L
Le problème c'est que pour beaucoup de parents : éducation bienveillante = éducation laxiste. Ils sont persuadés que ce genre d'éducation conduit à des enfants roi, alors que pas du tout.
B
Hier soir, j'ai pensé à toi Sarah en regardant sur NRJ12 l'émission Tellement vrai qui datait de je ne sais quand (dans un autre sujet il parlait de la star'ac). Il y avait le cas de Enzo, 8 ans, habitant Nancy, hyperactif. Sa maman le punissait sans arrêt, car il piquait des crises chaque fois qu'il fallait faire les devoirs, ou même pour manger. Je pense qu'il passait plus de temps puni dans sa chambre qu'ailleurs dans l'appartement. Les parents ont pensé que ça s'arrangerait en déménageant à la campagne, ils sont partis à Saulxures les Vannes, et apparemment ça a été mieux. Mais je pense surtout que ce qui a joué beaucoup, c'est qu'en même temps la mère est allée voir une psychologue, qui lui a expliqué qu'Enzo était malade et que ce n'était pas en le punissant sans arrêt que ça irait mieux. Du coup, la mère était en larmes. Elle lui a proposé de pratiquer la thérapie des feux tricolores : vert quand le comportement d'Enzo est bien, orange quand il est limite et rouge quand c'est trop. Même Enzo disait que ça allait mieux depuis qu'il vivait à la campagne, il expliquait que lorsqu'il sentait une crise arriver, il sortait taper dans un ballon.
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S
Oui les neurosciences montrent aujourd'hui ce que les psy savaient depuis longtemps : c'est clair que c'est beaucoup plus parlant de le comprendre en terme de maturation du cerveau qu'en terme de stade de développement : en tout cas l'impact est plus clair pour les parents ! Malheureusement, je crains que les parents qui ont le plus un comportement à risque pour le bon développement neuro-psycho-émotionnel de leur enfant ne lisent pas ce genre de livre. Quand tu parles de stress, ça me fait penser à une conférence que j'ai entendu concernant le stress chez les femmes enceintes et les répercussions sur les bébés et sur leurs futurs comportements dans les situations stressantes, et en cas de situations traumatisantes. C'était intéressant mais aussi paniquant parce que tu peux pas maitriser ton stress même si tu es enceinte et qu'il faut ! Finalement, même en faisant au mieux du mieux, on fera toujours des erreurs non voulues...!
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La conclusion m'est adressée? Non parce que là ça me fait stresser ce que tu dis! :-D