Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

Publié le par lydiane

de Kerry HUDSON. "Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman" est le premier roman de cette auteur écossaise. J'ai découvert ce livre dans le cadre du prix littéraire inter CE.

 

Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

4ème de couverture :

Accueillie dans ce monde par une flopée d'injures, la petite Janie Ryan est vite projetée au milieu de cris, de fumées de cigarettes, de vapeurs d"alcool,mais aussi de beaucoup d'amour. Dans une langue saisissante et originale, elle remonte à ses premiers jours pour nous raconter sa jeunesse écossaise, de centres d'accueil en HLM minables et autres bed and breakfasts douteux.… Alcool, drogue, fins de mois difficiles et beaux-pères de passage : rien ne lui est épargné. Mais, toujours prête à en découdre, Janie se débat, portée par un humour féroce et la rage de se construire une vie correspondant à ses attentes.

Dans ce roman autobiographique, Kerry Hudson réussit ici l’'exploit d'’être à la fois drôle et triste, tendre mais jamais larmoyante. Un premier roman ébouriffant, comme son héroïne.

Clairement c'est le genre de livre que je n'aurais jamais ouvert s'il n'avait pas fait parti du prix inter-CE. Pourquoi ? Parce que je ne comprends pas ces gens. Attention, je ne veux pas faire "la p'tite bourgeoise qui comprend pas la pauvreté", c'est juste que je ne comprends pas leur manque d'espoir et de volonté. Pourquoi claquer le peu de fric que l'on a dans de l'alcool ou de la drogue ? Pourquoi ne pas essayer d'offrir une meilleure vie à ses enfants plutôt que de s'en occuper quand on se souvient qu'ils existent ? Pourquoi faire toujours les mauvais choix ? Accepter les mauvais compagnons ?J'ai trouvé quelquels réponses dans ce roman...

Cette histoire est racontée par Janie depuis sa naissance jusqu'à son adolescence. Le ton est donc plus "humoristique". Elle nous parle de sa mère qui se retrouve seule à l'élever, après une grossesse non désirée. Elle essaye vraiment de se battre contre les difficultés. On sent qu'elle aime sa fille, même si souvent elle s'y prend mal. Et puis, elle tombe sur de sales mecs : des violents, des alcooliques, des glandeurs, des absents... Mais elle a la force de partir, d'essayer de trouver une meilleure vie. Sauf que c'est de plus en plus difficile et qu'elle finit par baisser les bras. A 30 ans, elle a déjà perdu tout espoir.

Janie est intelligente, Janie aime lire, Janie rêve d'un meilleur avenir. Mais son appartenance sociale lui colle à la peau. La scène avec le conseiller d'orientation est dramatique : quand celui-ci lui détruit ses espérances d'avenir professionnel sous pretexte qu'elle vient du "quartier". Et finalement Janie, qui avait tant critiqué la vie de sa mère, suit la même ligne.

C'est un livre que j'ai trouvé cruellement pessimiste. Malgré tout l'espoir que l'on pouvait avoir pour Janie, on la sent forte, intelligente... Et bien malgré tout, elle subit cette "filiation sociale". Le  roman se termine (fermer les yeux si vous ne voulait pas en savoir trop, bien que je ne dévoile pas de grand secret non plus !) sur un nouveau départ. Au lecteur d'imaginer la suite...

Quelques extraits :

"Deux semaines après, l'aide sociale envoya un inspecteur vérifier si maman n'avait pas menti sur le fait que son mari nous avait quittées, parce que, apparemment, beaucoup de gens faisaient ça pour grappiller quelques livres. L'inspecteur parut triste de ne pas trouver Doug caché dans les toilettes ou sous le lit, et de constater qu'il avait vraiment pris le large. « Et je vois ici, madame… — C'est mademoiselle maintenant, mademoiselle Ryan. — Bien. Je vois, mademoiselle Ryan, que vous avez aussi demandé une aide exceptionnelle à cause du vol de votre porte-monnaie ? Des semaines bien difficiles pour vous, ma pauvre, et avec un nouveau-né en plus. » Maman mit les mains sur ses hanches et avança les coudes. « Oui, c'est pas facile. Mais qu'est-ce que je peux dire ? La petite fait des crottes d'enfer et c'était pas vraiment le genre d'homme à changer les couches. »"

"Tony passa un doigt dans les créoles dorées de maman. "c'est moi qui te les ai achetées, tu t'rappelles?" Les cils de maman frémirent, brins d'herbe noire dans la chaleur de l'été, et son regard rencontra celui de Tony. "Oui, oui, Tony, elles sont très belles. Merci... C'était..." Elle cherchait ses mots, respira : "... très gentil de ta part. - Bon, ben je les reprends." Tony saisit les créoles des deux mains et les arracha des lobes tendres et blancs de maman, puis il se leva et la poussa par terre, appuya un genou sur sa poitrine et lui tint les bras de sa mains libre. "Janie, dit maman. Va dans ta chambre tout de suite et ferme la porte. Putain, dépêche-toi, j'ai dis". Ce que je fis. Je tournai le dos à ma a maman clouée au sol par un psychopathe reconnu et me bouchai les oreilles en collant mon coussin Danger Mouse sur ma tête pour ne pas entendre les cris et les coups. "

"Maman se retourna et prit une brève bouffée de sa clope pour atténuer son air blessé. " Janie, je ne me mêle pas de tes affaires et je ne veux pas que tu te mêles des miennes. C'est comme ça que ça marche." Je ne répondis pas, repris l'Adverser et l'ouvris à la page des emplois. Personne ne lui demandait de ne pas se mêler de mes affaires. En fait, quelquefois, j'aurais bien voulu qu'elle y mette son nez. "

"Quand j'ouvrais les livres, et je pouvais en ouvrir autant que je voulais parce que ça ne coûtait rien, les images s'étalaient devant mes yeux comme de l'huile sur de l'eau, et les lettres dansantes s'installaient sur ma langue avec le goût et l'odeur de bonbon à la réglisse. Pendant que maman se mordait les lèvres, arrachait les petites peaux de ses ongles et lisait des vieux magazines, je découvrais à quel point les histoires me donnaient un sentiment de sécurité. "

 

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En tous cas, le titre est marrant et intrigant!
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