Au plaisir de Dieu

Publié le par lydiane

de Jean d'Ormesson.

Au plaisir de Dieu

4ème de couverture :

En hommage à la mémoire de son grand-père, symbole de la tradition, contraint de s'éloigner à jamais de la terre de ses ancêtres, le cadet d'une vieille famille française enfermée dans l'image du passé raconte ce qui a été et qui achève de s'effondrer. Le berceau de la tribu, le château de Plessis-lez-Vaudreuil, est au centre de cette longue chronique qui embrasse, depuis les croisades jusqu'à nos jours, l'histoire du monde, du pays, du clan de tout ce que la lignée a incarné et en quoi elle a cru, et qui s'est peu à peu effrité. Un mariage d'amour et d'argent, les idées contemporaines et subversives, les livres, les mœoeurs nouvelles ouvrent successivement des brèches dans la forteresse de la tradition.
L'histoire du XXe siècle, avec ses situations paradoxales, précipite la mutation et la décadence d'une famille qui avait su, à travers tous les cataclysmes, maintenir ses privilèges et conserver son charme.

Ce roman c'est une amie qui me l'a prêté. L'aurais-je lu si elle ne me l'avait pas mis entre les mains ? Certainement pas. Pourtant, Jean d'Ormesson m'est sympathique. Même si je connais très peu de chose de lui, je le trouve extrêmement charismatique. Ces yeux bleus et son sourire trahissent une grande intelligence et en même temps je l'imagine très joueur, avec beaucoup d'humour. C'est un mélange très intéressant, qui m'intrigue... néanmoins, je n'avais encore jamais lu un seul de ses livres. Je me sentais certainement pas à la hauteur, j'avais peur de ne pas tout comprendre et de m'ennuyer ferme. Ce ne fut pas le cas avec ce roman.

Tout d'abord, la première chose à souligner c'est l'écriture de Jean d'Ormesson. C'est un régal ! Il a e sens de la formule, et la pointe d'humour qu'on y retrouve est irrésistible.

Ensuite, j'ai beaucoup aimé suivre cette famille et me promener en leur compagnie dans les couloirs de Plessis-lez-Vaudreuil. On connaît peu de choses sur le narrateur, il ne parle pas de lui mais de sa famille, il l'observe et nous la décrit. C'est un clan, attaché aux traditions, à la terre, aux racines, à l'héritage. Du coup, on les sent toujours en décalage avec leur époque. Et petit à petit, l'unité de la famille s'effrite : il y a les royalistes, puis les républicains, les dreyfusards et les anti-dreyfusards, les pétainistes et les gaullistes, et même un communiste !

Mais, ce qui m'a troublé c'est leur humilité. Je m'imaginais la bourgeoisie royaliste comme des personnes imbues d'elles-même se sentant supérieures au reste du monde. Ce n'est pas du tout le cas de cette famille. Ils sont bienveillants envers les autres, même ceux de conditions modestes.

Du coup, même si parfois il y a des passages un peu plus longs que d'autres, j'ai pris beaucoup de plaisir dans cette lecture.

Quelques phrases :

"Il faut de grands malheurs pour que les Français s'unissent. Pour un peu, on aurait béni Hitler de rétablir au moins un semblant d'unanimité nationale. "

"Nous ne reprochions qu'une chose à Dieu : c'était de ne pas avoir donné notre nom à Adam et Eve. Du coup leurs prétentions à l'ancienneté nous agaçaient un peu. "

 

Publié dans Lu - entendu...

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Commenter cet article
1
J'avais entendu parler de ce livre à la télé il me semble... Moi aussi lire du D'Ormesson me fait un peu peur de prime abord! ;-)
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B
Moi aussi ça fait longtemps que j'ai envie de lire Jean d'Ormesson. J'ai toujours pensé que s'il écrit comme il parle (il était encore à la télé in n'y a pas longtemps) je devrais aimer. Alors, dernièrement lorsque j'ai vu son dernier livre en rayon "guide des égarés", je l'ai acheté. Il devrait être vite lu, il n'a que 100 pages.
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