Alors voilà

Publié le par lydiane

de Baptiste BEAULIEU.

A force de me voir toujours avec un livre à la main, mes collègues ont compris que j'étais un peu accro à la lecture. Du coup, à chaque fois qu'ils lisent un truc qui leur plait, ils me le prêtent ensuite. Une collègue m'a parlé de sa lecture du moment : Alors voilà. Je connaissais déjà le blog de Baptiste BEAULIEU pour y avoir lu certain de ses articles, mais je ne savais pas qu'il en avait tiré un bouquin.

Alors voilà

4ème de couverture :

Alors voilà, le récit au quotidien d'un apprenti médecin qui joue des claquettes entre les différents services des Urgences avec ses co-internes. Là, pendant sept jours, il décrit à une patiente en stade terminal ce qui se passe sous les blouses et dans les couloirs. Pour la garder en vie le temps que son fils, bloqué dans un aéroport, puisse la rejoindre.
Se nourrissant de situations bien réelles, vécues par lui ou par ses collègues, chirurgiens ou aides-soignants, Baptiste Beaulieu passe l'hôpital au scanner. Il peint avec légèreté et humour les chefs autoritaires, les infirmières au grand cœoeur, les internes gaffeurs, les consultations qui s'enchaînent, les incroyables rencontres avec les patients...
Par ses histoires d'une sensibilité folle, à la fois touchantes et drôles, il restitue tout le petit théâtre de la comédie humaine. Un bloc d'humanité.

S'il y a tant de séries télévisées avec pour cadre l'hôpital, y a bien une raison : il se passe une foule de choses entre ces murs blancs ! Sauf que dans le livre de Baptiste BEAULIEU, il n'est pas question de coucheries et d'intrigues rocambolesques, mais simplement de la réalité, et c'est bien suffisant ! La 4ème de couverture résume bien les chroniques livrées par cet interne, on sourit, on est outré, on est en colère et parfois on est même carrément révolté. Je n'y vois qu'un petit bémol : ça va parfois trop vite, j'aurais pu lire des pages entières sur certaines scènes.

Quelques extraits :

"Le chef, l'interne, l'ambulancier et Brigitte sont appelés pour une défenestration du huitième étage : "On est à fond : je ne sais pas ce qui traîne dans l'air, mais ce jour-là, bon Dieu, ce qu'on est à fond ! L'ambulancier ne conduit pas : il pilote, on est une team de super-héros prête à sauver la veuve et l'orphelin. Arrivé au pied de l'immeuble, j'attrape le scope (10 kg), le sac de réanimation (10 autres kg), on surgit dans le hall. Il y a un ascenseur ! "Pas d'ascenseur, dit le chef, sil tombe en panne quand on est dedans, le patient est cuit!" Ah oui, c'est vrai, le patient ! On va l'avoir celui-là ! Putain de bordel de Dieu, on va le récupérer, ce défenestré, et on le ramènera chez les vivants en le tirant par la corde du string s'il le faut !
On avale quatre à quatre les marches d'escalier, on flotte, on glisse, on est des particules qui volent ! Enfin nous voilà, huitième étage, transpirant, suant, mais enthousiastes et fiers d'avoir couru si vite, pour sauver ce pauvre type qui s'est pris pour un albatros. Une porte s'ouvre : une femme, petite, en tablier de cuisine, écarte largement ses bras et crie avec l'accent pied-noir :
- MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FAITES LA! Mon fils, il s'est défenestré, c'est en bas qu'il a besoin de vous!"
Et Brigitte d'ajouter doctement :
- Tu vois, bichon, il y a une morale à cette histoire... Légère pause dramatique : Quatre personnes dans une même voiture peuvent cumuler plus de vingt-cinq ans d'études à elles toutes et être pourtant plus connes qu'une valise sans poignée. "

"11 heures, en bas.
Il s'agit du petit Hugo, quatre ans, métis, une figurine de dinosaure dans chaque main. Il a rongé le coin d'une plaquette d'Ariel en poudre, ce petit carré qui s'effrite entre les doigt quand il est mouillé. Sa mère est folle d'inquiétude :
- Il n'y pas mis grand-chose à la bouche, je lui ai tout enlevé, tout nettoyé avec de l'eau...
Moi, d'humeur joueuse :
- Il fait des bulles?
Sa mère, premier degré (en même temps c'est une mère) :
- Non, pas encore.
(...)
Moi, de retour dans la chambre, encore joueur :
- Alors? Toujours pas de bulles?
Elle :
- Je regarde bien, mais non, toujours pas. C'est plutôt bon signe, Docteur?
Que c'est beau, une mère! "

"A l'hôpital, il y a CEUX qui donnent et ce qui vole. Les infirmiers, les aides-soignants, les médecins donnent.
La maladie vole "

Si vous en voulez plus, c'est par là : http://www.alorsvoila.com/

Publié dans Lu - entendu...

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1
Comme maman pour le 1er extrait, je me disais "mais pourquoi ils montent au 8ème pour un défenestré?"
Et comme Sarah, il a l'air top ce livre!
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S
Ca a l'air bien comme livre !
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B
Ton premier extrait : je lisais et je me disais pourquoi ils montent s'il s'est défenestré. La personne n'a quand même pas été remontée chez elle ?
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