Chien-Loup

Publié le par lydiane

De Serge JONCOUR.

Autant vous dire que, quand j'ai vu que Serge JONCOUR publiait un nouveau roman, je savais ce que j'allais lire dans les semaines à venir !

Chien-Loup

4ème de couverture :

L'’idée de passer tout l’'été coupés du monde angoissait Franck mais enchantait Lise, alors Franck avait accepté, un peu à contrecœur et beaucoup par amour, de louer dans le Lot cette maison absente de toutes les cartes et privée de tout réseau. L'’annonce parlait d'’un gîte perdu au milieu des collines, de calme et de paix. Mais pas du passé sanglant de cette maison que personne n’'habitait plus et qui avait abrité un dompteur allemand et ses fauves pendant la Première Guerre mondiale. Et pas non plus de ce chien sans collier, chien ou loup, qui s’'était imposé au couple dès le premier soir et qui semblait chercher un maître. 
En arrivant cet été-là, Franck croyait encore que la nature, qu’'on avait apprivoisée aussi bien qu’'un animal de compagnie, n’'avait plus rien de sauvage ; il pensait que les guerres du passé, où les hommes s’'entretuaient, avaient cédé la place à des guerres plus insidieuses, moins meurtrières. Ça, c’'était en arrivant.
Serge Joncour raconte l'’histoire, à un siècle de distance, d’'un village du Lot, et c’'est tout un passé peuplé de bêtes et anéanti par la guerre qu'’il déterre, comme pour mieux éclairer notre monde contemporain. En mettant en scène un couple moderne aux prises avec la nature et confrontés à la violence, il nous montre que la sauvagerie est un chien-loup, toujours prête à surgir au cœoeur de nos existences civilisées.

C'est un roman très différent de ceux auxquels l'auteur m'avait habitués. Comme je le soulignais après mes lectures de L'ecrivain national, Repose toi sur moi, et de L'amour sans le faire, l'auteur a un vrai talent pour la construction de ses personnages. Il nous les rend attachants sans être parfaits, ils ne sont pas caricaturaux et la lectrice que je suis s'y attache totalement. Dans Chien-loup, ce ne fut pas le cas. Pas que les personnages ne soient pas sympathiques, mais l'auteur a su mettre un certain mystère, une sorte de distance avec le lecteur (enfin c'est ce que j'ai ressenti en tout cas !). Malgré tout, son phrasé, sa plume me séduit toujours autant.

On alterne donc les chapitres en 1914 et en 2017, deux ambiances, deux mondes différents, mais une même maison, une même nature. J'ai enchainé les pages rapidement, en me disant qu'il n'y avait pas une action folle dans ce bouquin, limite que c'était un peu long... C'est en le refermant, en prenant un peu de recul avec l'histoire que le côté "psychologique" fait surface. La nature est un personnage à part entière de ce roman : elle est belle sous le pinceau d'aquarelle de Lise, mais elle est aussi sauvage au bout du fusil des braconniers. Serge JONCOUR met en lumière la même dichotomie chez l'être humain, la différence entre le chien et le loup.

Quelques phrases :

"- Putain, mais où est ce que tu nous amènes, dans un trou ou quoi?
- Ben non, tu vois bien qu'on monte... C'est tout le contraire d'un trou."

"Et s'il est des décors qui façonnent, des décors qui environnent toute l'enfance et forgent les êtres à leur image, il en est certains que l'on rencontre plus tard dans la vie, à un autre âge, et qui vous changent. "

"Personne ne le savait encore, mais ce jour qui s’achevait dans la nuit d’un 31 juillet était veille d’une guerre. Ici, au tréfonds des collines, on n’imaginait pas que dans quelques heures le tocsin vitrifierait les campagnes et qu’un vent soufflé des clochers abolirait l’été. Après-demain la guerre aspirerait les hommes du causse par trains entiers, avec au bout quatre années de feux, la disparition de quatre empires et plus de quinze millions de morts"

Publié dans Lu - entendu...

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B
Eh bien tu lis tous les livres que j'ai envie de lire ! Mais à chaque fois, ils me paraissent différents de ce que je croyais. Alors, à voir !
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