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challenge inter ce

La maladroite

Publié le par lydiane

d'Alexandre SEURAT.

Pour une nouvelle année, je me relance dans le prix littéraire inter CE : 10 romans à lire et à classer. Ça a été souvent pour moi la découverte de bons livres que je n'aurais pas choisi de prime abord. J’espère encore avoir de belles surprises cette année !

La maladroite

4ème de couverture :

« Je voudrais me rappeler Diana, mieux que je ne peux en vrai. Je voudrais me rappeler tout ce que Diana et moi nous n’avons jamais fait ensemble, comme si nous l’avions fait. Parfois j’écoute des musiques de notre enfance, et je voudrais que la musique me la rappelle, mais la musique ne me rappelle rien, parce que nous n’étions pas ensemble, nous n’avons pas vécu la même enfance. »

Diana, 8 ans, a disparu. Ceux qui l’ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et nous dire ce qui s’est noué sous leurs yeux. Institutrices, médecins, gendarmes, assistantes sociales, grand-mère, tante et demi-frère…
Ce chœur de voix, écrit dans une langue dégagée de tout effet de style, est d’une authenticité à couper le souffle.
Un premier roman d’une rare nécessité.

Ce qui m'a particulièrement plu dans ce livre, c'est le style de narration choisi par l'auteur. L'avis de recherche de Diana vient de paraitre. Plusieurs personnes qui connaissent la petite fille, nous la raconte. Quelles sont leurs réactions en voyant cet avis de recherche, quels souvenirs ont-ils de Diana ?

Dès le départ, on se doute bien de ce qui est arrivé à la petite fille. Mais malgré tout j'avais l'espoir qu'une autre fin était possible. C'est terrible de voir que les adultes n'ont pas fermés les yeux, que beaucoup ont voulu aider la fillette, mais malgré les signalements aux services sociaux, malgré l'enquête, Diana est restée chez ses parents...

Un roman court, percutant. L'auteur ne nous décrit aucune scène de violence, pourtant on ressent parfaitement l'enfer de la petite fille. Les lectures pour le prix littéraire inter CE commencent bien ! Une belle découverte !

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Le dernier gardien d'Ellis Island

Publié le par lydiane

de Gaëlle JOSSE. Il s'agit du dernier livre que j'ai lu dans le cadre du prix littéraire inter CE.

Le dernier gardien d'Ellis Island

4ème de couverture :

New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé. Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.

A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à ses choix les plus terribles.

L'immigration, sujet on ne peut plus d'actualité ! Quand j'ai vu ce titre dans la liste des livres du prix littéraire, j'ai immédiatement eu envie de le lire. Je connais peu de choses d'Ellis Island, mais j'imagine bien les immigrants arrivant plein d'espoir. Ils sont aux portes de leurs rêves, et pourtant encore une étape s'impose à eux : être accépté. J'imagine l'angoise, la peur au ventre qui doit être la leur. Ont-ils fait tout ce chemin pour rien ? Quelles sont les "bonnes réponses", celles qui vont leur ouvrir les portes de ce beau pays ?

J'ai trouvé dans ce roman de Gaëlle JOSSE l'ambiance que j'attendais. Certes j'aurais voulu connaitre encore plus en détail ces immigrants, avoir des portraits plus profonds. Mais il s'agit d'un roman très court, moins de 200 pages. Bon malgré tout, j'ai réussi à m'impregner dei leur espoir et leur crainte.

Maintenant venons en à l'intrigue en elle-même : John Mitchell, resté seul sur l'île attend la fermeture du centre. Il profite de ces quelques jours pour se plonger dans sa mémoire, revivre ces années à la tête de cette île. Au début, j'avais beaucoup de sympathie pour John. Droit, intégre, ils traitait les migrants comme des hommes et non comme des dossiers à gérer. Mais quand on en arrive à "l'élément" important, la rencontre avec Nella. Je ne le supportais plus. Je n'ai pas compris son comportement. Peut être que l'auteur a été trop vite pour moi, pour que je conserve de la sympathie pour John ou tout au moins pour que le comprenne...Néanmoins la fin m'a beaucoup plu.

Il y a donc du bon et du moins bon dans cette lecture. En tout cas, elle m'a donné envie de découvrir plus en détail l'Histoire d'Ellis Island.

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Buvard

Publié le par lydiane

de Julia KERNION.

J'ai découvert ce roman par le biais du Prix littéraire inter CE. Il s'agit du 3ème roman de cet auteure française née en 1987.

Buvard

4ème de couverture :

Un jeune homme réussit à forcer la porte d'une romancière célèbre, Caroline N. Spacek, réfugiée en solitaire dans la campagne anglaise depuis plusieurs années. Très jeune, elle a connu une gloire littéraire rapide et scandaleuse, après une enfance marquée par la violence et la marge. Il finit par s'installer chez elle et recueillir le récit de sa vie.

Lou, un étudiant d'un vingtaine d'année, a obtenu la possibilité d'interviewer Caroline N. Spacek. Chose plutôt étonnante tellement la grande romancière se terre chez elle depuis plusieurs années. Mais Caroline a eu du flaire en répondant "oui" cette fois-ci, car le courant passe bien entre ces deux là. L'interview qui devait durer 1 ou 2 heures va finalement durer plusieurs semaines. Lou s'installe chez l'auteur et écoute le récit de sa vie. On apprend son parcours, ses passions (ou devrais-je dire sa passion pour l'écriture), ses compagnons. On découvre une femme qui a construit sa vie en suivant son coeur, en solitaire, sans se préoccuper des gens qui l'entoure. Et on comprend petit à petit pourquoi elle s'est forgée un tel caractère.

On en apprend également un peu plus sur Lou. Il est loin d'être le personnage lisse, que l'on peut imaginer au début. Lui aussi à ses blessures, ses cicatrices.

On voit que l'écriture de Julia KERNION est travaillée, très étudiée. Peut être un peu trop pour moi. Parfois ça a manqué de simplicité à mon goût. J'avoue que, du coup,  je n'aie pas été complétement emportée par ce roman.

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Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

Publié le par lydiane

de Kerry HUDSON. "Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman" est le premier roman de cette auteur écossaise. J'ai découvert ce livre dans le cadre du prix littéraire inter CE.

 

Tony Hogan m'a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman

4ème de couverture :

Accueillie dans ce monde par une flopée d'injures, la petite Janie Ryan est vite projetée au milieu de cris, de fumées de cigarettes, de vapeurs d"alcool,mais aussi de beaucoup d'amour. Dans une langue saisissante et originale, elle remonte à ses premiers jours pour nous raconter sa jeunesse écossaise, de centres d'accueil en HLM minables et autres bed and breakfasts douteux.… Alcool, drogue, fins de mois difficiles et beaux-pères de passage : rien ne lui est épargné. Mais, toujours prête à en découdre, Janie se débat, portée par un humour féroce et la rage de se construire une vie correspondant à ses attentes.

Dans ce roman autobiographique, Kerry Hudson réussit ici l’'exploit d'’être à la fois drôle et triste, tendre mais jamais larmoyante. Un premier roman ébouriffant, comme son héroïne.

Clairement c'est le genre de livre que je n'aurais jamais ouvert s'il n'avait pas fait parti du prix inter-CE. Pourquoi ? Parce que je ne comprends pas ces gens. Attention, je ne veux pas faire "la p'tite bourgeoise qui comprend pas la pauvreté", c'est juste que je ne comprends pas leur manque d'espoir et de volonté. Pourquoi claquer le peu de fric que l'on a dans de l'alcool ou de la drogue ? Pourquoi ne pas essayer d'offrir une meilleure vie à ses enfants plutôt que de s'en occuper quand on se souvient qu'ils existent ? Pourquoi faire toujours les mauvais choix ? Accepter les mauvais compagnons ?J'ai trouvé quelquels réponses dans ce roman...

Cette histoire est racontée par Janie depuis sa naissance jusqu'à son adolescence. Le ton est donc plus "humoristique". Elle nous parle de sa mère qui se retrouve seule à l'élever, après une grossesse non désirée. Elle essaye vraiment de se battre contre les difficultés. On sent qu'elle aime sa fille, même si souvent elle s'y prend mal. Et puis, elle tombe sur de sales mecs : des violents, des alcooliques, des glandeurs, des absents... Mais elle a la force de partir, d'essayer de trouver une meilleure vie. Sauf que c'est de plus en plus difficile et qu'elle finit par baisser les bras. A 30 ans, elle a déjà perdu tout espoir.

Janie est intelligente, Janie aime lire, Janie rêve d'un meilleur avenir. Mais son appartenance sociale lui colle à la peau. La scène avec le conseiller d'orientation est dramatique : quand celui-ci lui détruit ses espérances d'avenir professionnel sous pretexte qu'elle vient du "quartier". Et finalement Janie, qui avait tant critiqué la vie de sa mère, suit la même ligne.

C'est un livre que j'ai trouvé cruellement pessimiste. Malgré tout l'espoir que l'on pouvait avoir pour Janie, on la sent forte, intelligente... Et bien malgré tout, elle subit cette "filiation sociale". Le  roman se termine (fermer les yeux si vous ne voulait pas en savoir trop, bien que je ne dévoile pas de grand secret non plus !) sur un nouveau départ. Au lecteur d'imaginer la suite...

Quelques extraits :

"Deux semaines après, l'aide sociale envoya un inspecteur vérifier si maman n'avait pas menti sur le fait que son mari nous avait quittées, parce que, apparemment, beaucoup de gens faisaient ça pour grappiller quelques livres. L'inspecteur parut triste de ne pas trouver Doug caché dans les toilettes ou sous le lit, et de constater qu'il avait vraiment pris le large. « Et je vois ici, madame… — C'est mademoiselle maintenant, mademoiselle Ryan. — Bien. Je vois, mademoiselle Ryan, que vous avez aussi demandé une aide exceptionnelle à cause du vol de votre porte-monnaie ? Des semaines bien difficiles pour vous, ma pauvre, et avec un nouveau-né en plus. » Maman mit les mains sur ses hanches et avança les coudes. « Oui, c'est pas facile. Mais qu'est-ce que je peux dire ? La petite fait des crottes d'enfer et c'était pas vraiment le genre d'homme à changer les couches. »"

"Tony passa un doigt dans les créoles dorées de maman. "c'est moi qui te les ai achetées, tu t'rappelles?" Les cils de maman frémirent, brins d'herbe noire dans la chaleur de l'été, et son regard rencontra celui de Tony. "Oui, oui, Tony, elles sont très belles. Merci... C'était..." Elle cherchait ses mots, respira : "... très gentil de ta part. - Bon, ben je les reprends." Tony saisit les créoles des deux mains et les arracha des lobes tendres et blancs de maman, puis il se leva et la poussa par terre, appuya un genou sur sa poitrine et lui tint les bras de sa mains libre. "Janie, dit maman. Va dans ta chambre tout de suite et ferme la porte. Putain, dépêche-toi, j'ai dis". Ce que je fis. Je tournai le dos à ma a maman clouée au sol par un psychopathe reconnu et me bouchai les oreilles en collant mon coussin Danger Mouse sur ma tête pour ne pas entendre les cris et les coups. "

"Maman se retourna et prit une brève bouffée de sa clope pour atténuer son air blessé. " Janie, je ne me mêle pas de tes affaires et je ne veux pas que tu te mêles des miennes. C'est comme ça que ça marche." Je ne répondis pas, repris l'Adverser et l'ouvris à la page des emplois. Personne ne lui demandait de ne pas se mêler de mes affaires. En fait, quelquefois, j'aurais bien voulu qu'elle y mette son nez. "

"Quand j'ouvrais les livres, et je pouvais en ouvrir autant que je voulais parce que ça ne coûtait rien, les images s'étalaient devant mes yeux comme de l'huile sur de l'eau, et les lettres dansantes s'installaient sur ma langue avec le goût et l'odeur de bonbon à la réglisse. Pendant que maman se mordait les lèvres, arrachait les petites peaux de ses ongles et lisait des vieux magazines, je découvrais à quel point les histoires me donnaient un sentiment de sécurité. "

 

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Le liseur du 6h27

Publié le par lydiane

Il s'agit du premier roman du vosgien Jean-Paul DIDIERLAURENT. Il avait jusqu'à maintenant publié que des nouvelles, pour lesquelles, il avait d'ailleurs, rencontré un beau succès.

J'ai lu ce roman dans le cadre du prix littéraire inter-CE. Mais j'en avais déjà beaucoup entendu parler sur la blogosphère avant de l'avoir entre les mains.

Le liseur du 6h27

4ème de couverture :

Employé discret, Guylain Vignolles travaille au pilon, au service d'une redoutable broyeuse de livres invendus, la Zerstor 500. Il mène une existence maussade mais chaque matin en allant travailler, il lit aux passagers du RER de 6h27 les feuillets sauvés la veille des dents de fer de la machine ... Dans des décors familiers transformés par la magie des personnages hauts en couleurs, voici un magnifique conte moderne, drôle, poétique et généreux : un de ces livres qu'on rencontre rarement.

Dans les premières pages de ce roman, on découvre la Zerstor 500, machine monstrueuse, dévoreuse de livres. J'ai aimé cette entrée en matière, avec une merveilleuse personnification de cette bête (et si, si, j'ai retenu des trucs de mes cours de français du lycée. Et, une figure de style, une !). Elle s'allume chaque matin pour avaler sa dose de papier grâce à la pression sur son bouton "ON" exercée par la main de Guylain Vignolles. Ce "Vilain Guignol" est loin de nager dans le bonheur : il adore les livres et son métier consiste à les détruire, ses collègues sont loin d'être sympathiques...son seul ami s'est fait mâcher les jambes par la Zerstor et il partage son appartement avec un poisson rouge suicidaire. Son petit plaisir est de lire, dans le métro, les quelques pages qu'il a pu sauver de sa journée de travail.

J'ai beaucoup aimé cette première partie du livre. Je vais rarement à Paris, uniquement pour mes formations professionnelles. Prendre alors le métro, ces matins là, est loin d'être une partie de plaisir. Et franchement ça me plairait bien un Guylain Vignolles pour commencer la journée !

Dans la suite du roman, notre héros trouve un journal intime. Il glisse alors dans ses lectures matinales du métro quelques extraits de celui-ci. L'auteur de ces lignes n'est autre qu'une dame-pipi dans un centre commercial. Là j'avoue, JP Didierlaurent m'a un peu perdue avec ses histoires de WC publics... Evidemment, Guylain va tomber amoureux et va tout faire pour retrouver cette dame-pipi. Bref pas de grosses surprises sous le soleil. Malgré tout ça aurait pu complétement m'emballer. En général, je craque pour ces histoires là (un peu comme dans "La femme au carnet rouge" de LAURAIN). Mais là, je ne sais pas...il m'a manqué peut-être un peu de poésie.

En conclusion, je ne crie pas au coup de coeur. Mais malgré tout, c'est un roman léger, sympathique, qui se lit avec plaisir.

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L'égaré de Lisbonne

Publié le par lydiane

de Bruno D'Halluin.

Il s'agit d'un roman que j'ai lu dans le cadre du prix littéraire inter-CE.

L'égaré de Lisbonne

4ème de couverture :

1500. Deux ans après l’ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama, l’armada de treize nefs et caravelles commandée par Pedro Álvares Cabral s’engage elle aussi en direction du cap de Bonne-Espérance.
João Faras, médecin et chirurgien du roi de Portugal, cosmographe, est embarqué dans l’aventure. Il est amené à dessiner le contour de côtes jusqu’alors jamais observées, espérant ainsi contribuer à l’enrichissement du très convoité Padrão Real, la carte du monde royale et secrète. Envoûté ou effrayé par les peuples rencontrés, malmené par la tempête, la maladie et la faim, il se languit de sa famille et doute de jamais revoir Lisbonne, porte sur la mer océane.
En ces temps de grandes découvertes, João erre entre le Moyen Âge et la Renaissance, le judaïsme et le christianisme, entre la terre et la mer, l’Ancien et le Nouveau Monde.

Le roman est divisé en 3 parties : le voyage en mer - le retour et l'aventure de la carte - la peste et la persecution des juifs. Je ne sais pas pourquoi mais ce "découpage" m'a un peu dérangée. J'ai trouvé que le lien n'était pas toujours bien fait entre les parties. On suit donc le voyage d'une nef de Cabral à travers les yeux de Joao. Joao est un médecin, vraiment médiocre, et un cosmographe avec un mal de mer sevère. Il n'est pas rendu très agréable aux yeux du lecteur, pas très courageux, souvent agaçant, mais il faut reconnaitre qu'il manque de chance... Enfin, si on veut car il revient quand même vivant de ce voyage ce qui sera loin d'être le cas de tous les marins ! A son retour, il souffre d'un stress post-traumatique d'autant plus développé que ses découvertes faites pendant cette traversée sont ignorées. Il se lance alors dans le vol de la fameuse Padrao Real, carte qui représente les terres découvertes par le Portugal. 

Ce que j'ai aimé dans ce roman, c'est le contexte historique. Je connais peu de choses sur cette période des grandes découvertes géographiques, et je n'avais encore jamais eu l'occasion de lire un roman sur ce sujet. Je m'imaginais sur ce bâteau avec ses marins qui naviguaient à l'aveugle on pourrait dire. Ils ne savaient pas toujours où ils se trouvaient, quand se teminerait cet océan, si la terre à l'horizon allait être accueillante ou non. En touchant la première fois le Brésil, ils pensaient avoir à faire à une île... Pour le coup, ça devait vraiment être l'aventure.

J'ai également été impressionnée de voir comment le Portugal était une vraie puissance, partant à la conquête du monde. Un si petit pays qui se retrouvait avec un territoir immense conquis par ses bateaux. On voit que l'Histoire avec un grand H nous montre au fil des siècles que la roue tourne...le Portugal est loin d'être aujourd'hui le pays qui dirige le monde...

En conclusion, un avis en demi teinte. J'ai aimé le contexte historique, j'ai moins aimé le personnage principal et l'intrigue.

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Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre

Publié le par lydiane

de Céline LAPERTOT. Il s'agit d'une prof de français née en 1986. "Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre" est son second roman.

J'ai lu ce livre dans le cadre du prix littéraire inter CEZAM.

Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre

4ème de couverture :

«J'ai sept ans, ma chambre éclate de beauté, jusqu'à ce que j'entende la porte claquer. La réunion de papa ne s'est pas bien déroulée. Son défouloir officiel courbe sa dépendance. C'est pitié de la voir ainsi, chien soumis, c'est pitié de la voir endosser son rôle, car tel est son destin, demander grâce pour le moment où elle n'arrivera plus à le supporter. Aucune cassure dans la voix, pas de verre pilé dans les sourires, elle avance d'un pas lent et sûr vers la raclée qu'elle a accepté de recevoir. Du haut de mes sept ans, j'ai déjà perçu qu'elle a dépassé le stade où elle cherchait à comprendre ce qui avait pu se passer. Elle encaisse, et son existence lui convient, tant qu'elle peut garnir nos assiettes.
Maman est la femme d'intérieur. La femme parfaite pour les hommes qui ne savent se rêver qu'en maîtres de leur petit monde.»

Quand la souffrance dépasse l'entendement, ne reste qu'une solution : tuer pour exister. Charlotte a tenu le choc. Elle a gardé le silence, jusqu'au jour...
Voici l'histoire d'une inhumanité honteuse, intime, impossible à dire. Dans une lettre adressée au juge devant lequel elle répondra de ses actes, Charlotte, Antigone moderne et fragile, pousse le cri qui la libérera... peut-être.

La 4ème de couv' ne m'emballe pas... un temoignage, de la violence, de la maltraitance. Ce n'est pas des choses que j'ai envie de lire. Mais c'est ce qui est bien avec ce prix littéraire : lire des bouquins que l'on aurait jamais ouverts autrement. 

Ce roman est en fait un journal que Charlotte écrit dans la "salle d'attente" du juge. Elle attendra toute la journée cette entrevue avec celui qui a dorénavant son destin entre les mains. La parole n'est pas son fort : 10ans de souffrance et pas un mot n'est sorti de sa bouche pour expliquer l'enfer qu'elle vivait. Du coup, pour répondre aux questions qui ne manqueront pas de lui être posées, Charlotte écrit. Elle explique années après années ce qu'elle a traversé. Comment son père a décidé de "l'élever" et pourquoi elle n'a rien dit.

J'avoue que c'est ce que j'ai eu le plus de mal à comprendre : comment peut-on encaisser cette violence sans parler ? Elle craint de détruire sa famille, mais comment peut-elle croire qu'ils forment une famille ? Elle ne supporte pas sa mère qui subit sans oser rien dire alors qu'elle semble faire de même. C'est complexe de comprendre comment un bourreau peut emprisonner psychologiquement quelqu'un.

Malgré tout, j'ai trouvé ce livre très bien écrit. J'ai aimé le choix fait par l'auteur : une longue lettre à destination du juge. On comprend évidemment dès le départ comment ça va se terminer, par le meurtre de son père. Mais c'est intéressant de comprendre le cheminement pour y arriver. Comment et pourquoi Charlotte semble accepter sa situation. Comment elle se rebelle, même si ça peut sembler si minime.

En conclusion, je dirai que ce roman traite d'un sujet qui est loin de m'attirer, mais que l'auteur le fait bien, et qu'elle a ainsi réussi à m'entrainer avec elle au fil des pages.

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De père légalment inconnu

Publié le par lydiane

de Françoise CLOAREC.

Il s'agit d'un roman lu dans le cadre du prix littéraire inter CE. Voilà ce qui est dit de l'auteur sur la 4ème de couverture : Françoise Cloarec est psychanalyste et peintre, diplômée des Beaux-Arts de Paris. En 2008 elle publie chez Phébus Séraphine, ouvrage consacré à Séraphine de Senlis, peintre inclassable, et qui eut un grand succès de même que le film de Martin Provost qui Va consultée pour le scénario. Paraît en 2010, toujours chez Phébus, Storr, architecte de Tailleurs^ artiste tout aussi inclassable que Séraphine. Et pour montrer l'étendue de sa curiosité sort aux éditions Noir sur Blanc en 2013 L'Âme du savon d'Alep.

De père légalment inconnu

4ème de couverture :

«Elle veut un nom, une photo, une tombe peut-être.»

La guerre d'Indochine approche de son terme scellé par la bataille de Diên Bien Phu. Dans le port de Saigon des enfants embarquent sur un paquebot, laissant derrière eux une mère au-delà des larmes, une terre à feu et à sang, une civilisation bafouée, un passé bercé par l'amour maternel et obscurci de secrets. L'un d'eux est une fillette ayant pour prénom Camille. De père légalement inconnu est l'histoire d'une quête, c'est aussi celle d'une étrange histoire d'amour et d'abandon. Presque une vie durant Camille voudra que l'officier, amant de sa mère, Thi Vien, ait un visage, un coeur et un destin. D'espoirs en déceptions, et jusqu'à la révélation finale, la mémoire de Camille ressuscite des mondes disparus, flamboyants ou ternes, et des odeurs, des parfums, des ombres et des voix.

La 4ème de couverture avait tout pour me séduire : recherche des origines, contexte de guerre, d'amour interdit. Cependant, j'ai du mal d'une façon générale avec la culture asiatique...ça ne me "touche" pas. Pourtant, je ne demande qu'à me laisser emporter dans ces contrées, surtout au temps de l'Indochine. De ce cöté là, ce roman m'a plutôt convaincu. L'intrigue est belle. On n'arrive pas complètement à detester ce père qui abandonne femme et enfant. En effet, on se rend vite compte que ce choix l'a poursuivi toute sa vie. Le contexte historique en Indochine est bien décrit.

Là où j'ai été moins convincue, c'est par le parti pris par l'auteur pour raconter son histoire. J'aurais aimé suivre une Camille dans les méandres des administrations, menant son enquête pour retrouver ce père. Alors que là, dès le 1er chapitre, elle tombe sur l'adjudant-chef Bastillac qui lui révèle le nom de son géniteur. Ok, on nous dit qu'elle a cherché pendant des années avant, mais bon... Ensuite cet adjudant chef va lui raconter son histoire (sans expliquer comment toutes ces infos lui sont tombées dans les mains). Je pense que je me serais sentie plus proche du personnage de Camille, et donc plus touchée par son histoire, si je l'avais suivie dans son enquête sur ses racines, si j'avais ressenti ses déceptions, ses découragements, mais aussi ses petits succès qui permettent de tenir le bout de la ficelle, de dérouler tout doucement la pelote pour apprendre la verité.

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L'oubli

Publié le par lydiane

d'Emma HEALEY.

Il s'agit du second livre lu dans le cadre du pris littéraire inter CE.

L'oubli

4ème de couverture :

"Elizabeth a disparu". Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message, "Elizabeth a disparu". Le plus troublant : c'est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas d'avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d'ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l'heure, ni si elle a mangé, ni si sa fille est venue la voir. Ce qu'elle sait, en revanche, c'est qu'elle n'a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Mais, lorsqu'elle tente d'alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux. Elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de 4 ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé cinquante ans plus tôt à sa propre soeur aînée, Sukey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n'y a-t-il pas tout autant de mystères autour d'elle aujourd'hui qu'à l'époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé... et sur son présent.

2 extraits :

"Comment se fait-il que je ne me souvienne pas de samedi dernier ? Un sentiment familier m'envahit, je sens mon coeur battre la chamade, la honte me brûler le visage, la peur. Samedi dernier. Puis-je seulement me souvenir de la journée d'hier ?"

"J'oublie des choses, je sais, mais je ne suis pas folle. Pas encore. Et j'en ai assez qu'on me traite comme si je l'étais. J'en ai assez des regards de pitié, des gens qui me tapotent le dos quand je me mélange les pinceaux, et, bon Dieu, j'en ai plus qu'assez que tout le monde s'en remette à Helen plutôt que d'écouter ce que j'ai à dire."

Vous l'aurez compris Maud est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Pour ne pas oublier, elle écrit, tout et n'importe quoi, sur des petits bouts de papier. Le problème c'est que lorsqu'elle retombe sur ces morceaux de papier, elle ne sait plus à quoi ils correspondent. Pourtant elle est sure que c'est important. Ce sont des petits indices qui mis bout à bout permettent de comprendre pourquoi Elisabeth a disparu, à moins que cela explique la disparition de sa soeur Sukey, 50ans plus tôt ?

J'ai été touchée par la detresse de Maud, sa souffrance face à sa maladie. J'ai aussi eu beaucoup d'indulgence pour sa fille Helen, qui se démène pour aider sa mère, et même si c'est difficile, elle lui fait confiance.

J'ai aimé l'intrigue. Mais il est vrai que j'ai trouvé parfois quelques longeurs au texte. Maud rabache souvent la même chose. On a parfois l'impression de ne pas avancer ou de ne pas savoir où elle veut en venir.

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Le complexe d'Eden Bellwether

Publié le par lydiane

de Benjamin WOOD. C'est le 1er roman que je lis dans le cadre du prix littéraire inter CE.

J'avoue que lorsque j'ai reçu ce livre, je me suis dit, waou, ça commence fort, je vais passé un bon moment avec ce roman. Eh oui, j'en avais déjà entendu parlé sur la blogosphère, et je savais qu'il avait reçu le prix FNAC cette année. Un livre qui doit donc forcement déchiré !

Le complexe d'Eden Bellwether

4ème de couverture :

Cambridge, de nos jours. Au détour d'une allée de l'imposant campus, Oscar est irrésistiblement attiré par la puissance de l'orgue et des chants provenant d'une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Dans l'assemblée, une jeune femme attire son attention. Iris n'est autre que la soeur de l'organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s'accompagne d'étranges conceptions sur son usage hypnotique...

Le narrateur, Oscar, aide soignant, rencontre par hasard Iris. Le courant passe rapidement entre eux. Iris est étudiante en médecine à Cambridge. Elle lui présente son groupe d'amis, tous étudiants, dont fait parti son frère Eden. Oscar, de conditions modestes, est pourtant vite accepté par ce groupe de la bourgoisie anglaise. On se rend vite compte que l'élément central de ce cercle d'amis est Eden. Eden est un virtuose de la musique. Il défend la théorie que la musique alliée à l'hypnose permettrait de soigner tous les maux.

Au début du roman, je trouvais Eden particulièrement antipathique, Iris un brin mystèrieuse et Oscar vraiment intéressant. Puis une ambiance un peu malsaine s'installe. Le côté suffisant d'Eden se transforme peu à peu, on finit par se dire qu'il est quand même un peu cinglé. En tout cas, c'est l'avis de sa soeur, qui demande à Oscar son aide. Elle veut faire prendre conscience à ses parents qu'Eden a besoin d'aide psychologique.

Par beaucoup de côtés, ce livre m'a fait penser au roman de D. TARTT "Le maitre des illusions", roman que j'avais moyennement apprécié. Là aussi, mon avis est mitigé... Je me suis souvent ennuyée, on s'imagine assez bien comment cela va finir (surtout que le 1er chapitre raconte une partie de la scène finale !). Par contre, il est vrai que les personnages sont vraiment "travaillés" en profondeur, et je me suis attachée au personnage d'Oscar. En conclusion, je n'ai pas été passionnée par l'histoire, le côté "thriller psychologique" n'a pas réussi à me tenir en haleine, bref, j'avais hâte de terminer cette lecture. 

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