Les âmes grises

Publié le par lydiane

de Philippe CLAUDEL. 

Ce livre a été publié en 2003. Il me permet donc de remplir la condition du Family Challenge : lire un livre sorti l'année de vos 20ans.

Les âmes grises

4ème de couverture :

Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s’étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l’air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, des oies balourdes traçaient des cercles. Elles semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s’effilocher. On n’entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.
"C’est peut-être enfin la paix… hasarda Grosspeil.
– La paix mon os !" lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette.

J'ai attaqué ce roman avec beaucoup d'appréhension. En effet, j'avais le souvenir d'avoir lu ce livre adolescente, et de n'avoir absolument pas accrochée. J'en avais déduit, que Philippe Claudel, malgré tout le bien qu'on en dit, ne devait pas être un auteur pour moi. En même temps, je n'avais gardé, outre ce sentiment, aucun souvenir de cette lecture, j'ai donc décidé de laisser une nouvelle chance à ce roman.

La 4ème de couverture correspond au début du roman : à la découverte du corps de Belle de Jour, cette petite fille de 10 ans, retrouvée morte, étranglée dans la rivière. Nous sommes dans un petit village, tout proche du front, en 1917. Le narrateur, dont on apprendra l'identité un peu plus tard, nous raconte cette enquête, quelques années après. Il écrit dans son carnet tous ses souvenirs de cette époque : son histoire personnelle se mêlant à celle de l'Affaire, comme on l'appelait à l'époque.

En plus du narrateur, on croise plusieurs personnages : son épouse, le procureur, l'institutrice, le père de Belle de jour, le docteur....Le titre du roman nous laisse entendre que personne n'est tout blanc, ni tout noir (même si perso, je trouve qu'il y a des personnages bien, bien noir dans ce roman !). Ce qui m'a touché le plus, c'est la souffrance de ces personnages. Une souffrance propre à chacun, silencieuse, vécue en solitaire. C'est ça que Philippe Claudel a remarquablement dépeint dans son histoire. Oui, je l'avoue, cette deuxième lecture m'a captivé. L'ambiance, l'écriture de Claudel, la profondeur des personnages, m'ont embarqué dans ce roman sombre.

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M
Ah il me semblait bien que tu l'avais déjà lu!
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B
Ah je suis contente que ça t'ait plu. Moi, j'adore Philippe Claudel. J'ai lu beaucoup de ses livres. Jamais celui-là. Je me suis toujours dit qu'il faudra que je le lise.
Lundi prochain, sur France 2, il y a le film "Le bruit des trousseaux" qu'il a adapté. C'est le récit de son expérience de professeur de français en prison. Le film se passe à la prison de Nancy.
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